Des hommes et des femmes dont la dévotion mariale a façonné la foi de millions de personnes
Tout au long de l’histoire de l’Église, certains des plus grands saints se sont distingués par leur profond amour et leur dévotion envers la Vierge Marie. Pour eux, Marie n’était pas un obstacle sur le chemin du Christ, mais le chemin le plus sûr vers Lui. Leur vie montre la puissance transformante de la consécration à Marie et du Rosaire.
Selon la tradition, le fondateur de l’Ordre des Prêcheurs (les Dominicains) reçut le Rosaire de la Vierge elle-même. D’après une pieuse tradition, pendant sa mission contre l’hérésie albigeoise dans le sud de la France, Marie lui apparut et lui donna le Rosaire comme arme spirituelle pour la conversion des pécheurs et la défense de la foi.
Que la tradition soit historique ou non dans chaque détail, il est certain que l’Ordre dominicain est devenu le grand promoteur de la dévotion du Rosaire, la répandant dans toute l’Europe et dans le monde. L’héritage de saint Dominique est inséparable de cette prière qui porte la marque de son ordre.
La grande mystique carmélite et Docteur de l’Église eut dès l’enfance une tendre dévotion envers la Vierge. Après avoir perdu sa mère à douze ans, Thérèse se tourna vers Marie comme vers sa mère spirituelle, une relation qui, selon ses propres mots, transforma sa vie intérieure. Elle attribua de nombreuses grâces et expériences mystiques à l’intercession de la Vierge.
Réformatrice de l’Ordre du Carmel, Thérèse plaça toutes ses fondations sous la protection de Notre-Dame. Ses écrits sur la prière, en particulier Le Château intérieur, reflètent une âme profondément façonnée par la confiance en Marie et l’abandon à la volonté de Dieu.
Aucun saint, peut-être, n’a exprimé la théologie de la dévotion mariale avec autant de profondeur que Louis-Marie Grignion de Montfort. Son chef-d’œuvre, le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, expose la consécration totale à Jésus par Marie. Il enseignait que Marie est le chemin le plus court, le plus sûr et le plus parfait pour aller au Christ, et que se donner entièrement à elle conduit à un approfondissement extraordinaire de la vie spirituelle.
Son influence dépasse largement son siècle. Le pape saint Jean-Paul II a fait de sa devise Totus Tuus (« Tout à toi ») sa devise pontificale, et ses écrits continuent d’inspirer des millions de personnes qui se consacrent à Marie selon sa méthode.
L’humble voyante de Lourdes était une jeune fille pauvre, de santé fragile et peu instruite, lorsque la Vierge lui apparut dix-huit fois en 1858. Marie lui demanda de prier le Rosaire, de faire pénitence pour les pécheurs et de faire bâtir une chapelle à la grotte. Lorsque Bernadette lui demanda son nom, l’apparition répondit en patois local par les mots qui confirmaient l’Immaculée Conception.
Bernadette entra plus tard chez les Sœurs de la Charité de Nevers, où elle mena une vie cachée de prière et de souffrance jusqu’à sa mort, à trente-cinq ans. Son corps est resté intact, et sa simplicité et son obéissance continuent d’inspirer les pèlerins venus à Lourdes du monde entier.
Frère franciscain et prêtre, Maximilien Kolbe fonda la Milice de l’Immaculée, consacrée à la conversion du monde par Marie. Il établit en Pologne une communauté religieuse appelée Niepokalanów (« Cité de l’Immaculée »), qui devint la plus grande maison religieuse du monde et utilisait journaux et médias modernes pour répandre la dévotion mariale.
Arrêté par les nazis et envoyé à Auschwitz, Kolbe se proposa pour prendre la place d’un compagnon de captivité condamné à mourir de faim. Il passa ses derniers jours à guider les autres condamnés dans la prière et les chants à la Vierge. Il a été canonisé en 1982 comme martyr de la charité.
Tout le pontificat de Karol Wojtyła fut marqué par une profonde dévotion mariale. Ses armoiries pontificales portaient la lettre « M » pour Marie, et sa devise Totus Tuus exprimait sa remise totale à la Mère de Dieu. Il attribua à l’intercession de Marie d’avoir survécu à l’attentat du 13 mai 1981, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima.
Jean-Paul II enrichit le Rosaire en introduisant les Mystères lumineux en 2002, cinq méditations sur le ministère public du Christ. Il écrivit aussi la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, où il appelait le Rosaire sa prière préférée et encourageait toute l’Église à le redécouvrir.
Ces saints ne sont que quelques-uns des innombrables hommes et femmes qui ont trouvé en Marie un guide sûr vers son Fils. Leur vie nous rappelle que la dévotion mariale n’est pas un chemin de traverse, mais une voie royale vers le Christ, qui a porté des fruits extraordinaires tout au long de la vie de l’Église. En suivant leur exemple, nous pouvons nous aussi nous confier à la Mère qui nous conduit toujours à Jésus.